Archives du mois : mai 2012


En ces temps où certains s’interrogent sur la légitimité du mouvement étudiant, voici une nouvelle citation de cette série Avancer en arrière qui nous rappelle que «les objets qui apparaissent dans le miroir  sont plus proches qu’ils ne paraissent». | Par Jean-Philippe Perrreault « Mais ces étudiants ne se réuniront pas sans but comme des pantins qui se laissent manipuler. Ils auront un leitmotiv : la fierté étudiante. C’est sous ce thème que la multitude étudiante se ralliera. Vingt-cinq mille étudiants à Montréal, en juin, affirmeront qu’ils ont un métier, en sont fiers, et l’imposeront au respect des autres. » Qui, quand et dans quel contexte? Roulement de… casseroles! Réponse ci-dessous. Il s’agit d’un appel lancé par Jeanne Benoît  (ou Sauvé qui deviendra la première femme présidant la chambre des communes et la première gouverneurE générale: un portrait ici)  et Jean Dostaler, présidents de la JEC (Jeunesse étudiante catholique) en 1945 (« Un fait bien posé : le mouvement étudiant », JEC, 11, 2 février 1945 cité dans L. Bienvenue, Quand la jeunesse entre en scène, Montréal, Boréal, 2003). Les mouvements d’Action catholique spécialisée ont été à l’origine de la naissance de la jeunesse au Québec. Dans un ouvrage des plus intéressants et utiles, Louise Bienvenue rappelle les efforts nécessaires d’affirmation : « En promouvant une figure active et positive de l’étudiant, on facilite ainsi la généralisation d’un modèle culturel jusqu’alors plutôt associé à la bourgeoisie. En ce sens, tout le discours de la JEC prônant l’engagement des jeunes dans la Cité Étudiante apparaît comme une façon d’imposer la valeur sociale et le rôle fondamental des étudiants à un public encore largement imprégné d’anti-intellectualisme. » (p.232)  Au-delà du débat sur l’augmentation des frais de scolarité, la manipulation politique de la jeunesse à laquelle nous assistons par le discours des uns et des autres s’en trouve éclairée. Comme certains (ici et ici par exemple), nous pouvons raisonnablement faire un constat : parmi les membres de la génération qui aura le plus profité de cette valorisation du « métier d’étudiant » et de la reconnaissance des jeunes comme acteurs sociaux (oui, les baby-boomers…), certains semblent se refuser à accorder pareil rôle social à la jeunesse d’aujourd’hui.

[Avancer en arrière #2] La fierté étudiante


Première citation d’une série qui nous rappelle que «les objets qui apparaissent dans le miroir  sont plus proches qu’ils ne paraissent». Mais il est quasi normal que des jeunes s’intéressent peu à un héritage : ils se voient moins comme des héritiers que comme des inventeurs ; ils sont tournés vers un avenir à construire. Si bien qu’ils spontanément portés à penser même leur foi en termes d’un futur à inventer. Or, quand les jeunes regardent vers l’avenir, ils ont peine à cerner l’horizon… D’une part au plan social et politique, se dessine un Québec incertain. D’autre part, il faut bien admettre que les propositions que l’Église leur offre par son fonctionnement et les attitudes des chrétiens adultes engagent peu. Une jeunesse qui n’est plus sûre de son avenir se trouve acculée soit à sombrer dans l’indifférence, soit à déployer un effort vraiment rénovateur. À travers les jeunes générations, l’Église trouve à la fois son procès et ses chances. Par qui et quand, cette citation? Les paris sont ouverts… tic tac tic tac… Réponse ci-bas. Réponse: Elle date de…1971. Cet extrait portant sur la jeunesse est tiré du rapport de la Commission d’étude sur les laïcs et l’Église L’Église du Québec: un héritage, un projet. La commission Dumont, du nom de son président Fernand Dumont, fut mise sur pied par les évêques du Canada français pour tenter de trouver une solution à la « crise des mouvements d’Action catholique ».

[Avancer en arrière #1] Jeunes et l’avenir



Au mois de mars dernier, la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité déposait son rapport. S’interrogeant sur les « demandes d’aide à mourir » et sur la manière d’ « assurer à tous une mort dans la dignité », c’est sur le terrain des représentations des différents âges que jouent les réflexions et les propositions de la Commission. Souvent réduite à la « gestion de la fin », la mort est pourtant « la » grande question de la vie. Et de l’humanité. Si dans l’imaginaire collectif, la jeunesse est aux antipodes de la mort, qu’advient-il lorsque la mort se déplace? Et voilà. Domino…

Simples mortels? Pas certain… Effets du déplacement de la mort sur la jeunesse