Archives du mois : septembre 2012


« Nous sommes passés de l’ère du V-8 à l’ère du 4G! » La voiture, symbole de la jeunesse et du passage à l’âge adulte serait remplacée désormais dans les cultures jeunes par Internet et le téléphone intelligent, soutient Fabien Loszach. | Photo: Jérémie Kyala, Le monde en images, CCDMD Dans une chronique fort intéressante de la toute aussi intéressante émission La sphère de la première chaine de Radio-Canada, Fabien Lauszach note le changement symbolique dans la culture jeune: ils rêvent tout autant de mobilité, affirme-t-il, mais la voiture n’en est plus le symbole. Bien que je vous conseille d’écouter l’émission dans son intégralité, vous trouverez la chronique de Fabien Loszach à partir de 18 minutes 30 secondes. Sur Twitter, suivez Fabien Loszach (@Floszach), La sphère (@RC_Lapshère) et son stimulant animateur Matthieu Dugal (@MatthieuDugal) ______________________________________ Crédit photo : © Jérémie Kyala, Le monde en images, CCDMD, deuxième prix du Concours intercollégial de photo 2011-2012.

Du char au iPhone: changement symbolique


« Ça ne sert à rien d’être chrétien si ça ne change pas ma façon de vivre en société,  de voter, de consommer, de me rapporter aux autres, peu importe leurs tendances, leurs croyances. J’espère que le Centre étudiant peut être ce lieu qui forge des chrétiens » nous dit Sabrina Di Matteo, directrice du Centre étudiant Benoit-Lacroix de l’Université de Montréal. | Par Jean-Philippe Perreault Nous nous retrouvons dans le brouhaha d’une librairie-bistro bien connue du chemin de la Côte-des-Neiges, à l’entrée du campus de l’Université de Montréal. Aux tables voisines, des jeunes et des plus vieux, probablement étudiants, professeurs ou résidents du quartier, discutant politique et société, partageant quelques aveux et confessions, peut-on imaginer. Pour y rencontrer la nouvelle directrice du Centre étudiant Benoit-Lacroix (CÉBL), l’endroit va de soi quand on y pense: il y a là quelque chose du presbytère, voire du confessionnal, pour une communauté catholique vivant au cœur de la cité universitaire. Elle prend soin de nous prévenir : en poste que depuis quelques semaines, elle est encore en période d’observation, de familiarisation, d’appropriation. La suite de la discussion prouvera que cela ne l’empêche en rien d’avoir une vision claire des enjeux et défis. Faut dire qu’elle connait pour le fréquenter elle-même ce carrefour des mondes ecclésial, universitaire et jeunesse où prend place le CÉBL. Faut dire également qu’elle peut compter sur une équipe: outre les jeunes et les bénévoles, le Centre compte sur l’engagement d’une animatrice et d’une chargée de projet. Comme ses semblables des autres universités québécoises, l’animation spirituelle et religieuse offerte à l’Université de Montréal est un véritable laboratoire. Son histoire, son organisation, ses solidarités, ses défis et ses activités témoignent à la fois de la configuration de l’imaginaire religieux des jeunes qui les fréquentent et de la place du religieux dans une société sécularisée, pluraliste, aux institutions laïques. Typique également dans le rapport au temps qui marque les activités alors que les étudiants – tout comme la jeunesse – sont inévitablement de passage. Pour la très grande majorité, la vie universitaire est un pèlerinage de quelques années, un transitoire aux conséquences paradoxalement durables et permanentes alors qu’ils poursuivent non seulement leur formation académique, mais la formation de leur vie, comme le constate Sabrina Di Matteo. En téléchargement Disponible sur ITunes [slideshow] Pour en savoir plus : Page Facebook

CEBL: communauté catholique dans la cité universitaire | Balado



Le pluralisme, le relativisme, l’indifférence religieuse, l’agnosticisme frappent de plein fouet les institutions religieuses en ce début de deuxième millénaire. Le phénomène serait caractéristique du rapport au religieux de la jeune génération actuelle. Sixième citation d’une série qui nous rappelle que « les objets qui apparaissent dans le rétroviseur sont plus proches qu’ils ne paraissent ».        | Par Jean-Philippe Perreault      « On l’a dit et répété : il est normal qu’un peuple en croissance sur les plans politique et social, économique et culturel, traverse  également une ou des crises religieuses. Une adaptation de la foi et de l’Église, à ce moment de notre histoire, comporte évidemment des risques, qu’il ne faut pas minimiser. Nous pouvons, comme tous les pays du  monde, en sortir ou amoindris ou grandis, selon les réponses que nous fournirons au test de notre confrontation avec le monde. Parce qu’une crise est une épreuve, un réveil ou un déclin peuvent également en résulter. Les faits sont là et ils ne peuvent être niés. La clef du succès ou de l’échec est plutôt à rechercher dans nos attitudes face à la réalité. Autrefois, j’entends dans l’enfance de ceux et celles qui sont parvenus à une maturité encore tendre, nous vivions, au Québec, dans un climat qui s’apparentait au Moyen Âge. Je veux dire que l’Église Catholique Romaine nous fournissait notre cadre de pensée, nos certitudes intellectuelles, et inspirait toute notre vie morale. Certes, on trichait en affaires, on buvait, on sacrait, (que l’on pense aux trois péchés traditionnels : “la champlure, la sacrure, la luxure”). Il n’y avait toujours qu’un “monde spirituel”, unique. Aujourd’hui, du moins à Montréal, quarante nations se côtoient chaque jour, au travail, sur la rue et dans le quartier. ll y a aussi les indifférents, les agnostiques, et tous ces “laïques” au sens français du  terme, qui revendiquent une pensée affranchie des dogmes de l’Église et de l’influence du clergé. […] Aujourd’hui, les moyens de communication nous font connaître leurs idées et ils viennent même nous les dire à la radio, à la T.V. et dans leurs publications. La moindre barrière nous apparaît choquante et nous sommes heureusement curieux de tous ces « autres ». […] Ces faits apportent un incontestable enrichissement. Impossible de s’enfermer dans le cercle étroit de ses propres idées; il faut tenir compte de l’existence des autres, de ces autres qui nous posent des questions et nous demandent des réponses. Les jeunes, plus spécialement, sont hantés par de pareilles interrogations et les éducateurs le savent bien : « Seront-ils sauvés, eux aussi? – Pourquoi ai-je la foi alors qu’ils ne l’ont pas? »[…] Il y aura réveil de la foi si nous écoutons les questions des autres et faisons un effort pour exprimer des réponses valables. La conviction personnelle, qui naît d’une étude plus approfondie de sa religion sera la condition sine qua non du succès. Par contre, la crise religieuse chez nous amènera des défections de  plus en  plus nombreuses, si nous refusons de voir ce qui est.» Sauriez-vous dater cet extrait? Il est tiré de la revue Maintenant et signé par H.-M. Bradet, o.p., dans l’édition du 15 mars 1963. Le Concile Vatican II vient de s’ouvrir (1962) et l’Exposition universelle de Montréal ne se tiendra que dans 4 ans. Pourtant, les brèches apparaissent évidentes. Deux éléments fort instructifs. D’une part, la conscience du caractère pluraliste de la société québécoise, confirmée par d’autres documents de l’époque (pensons notamment au rapport Parent). D’autre part, les sources de ce pluralisme : la diversité culturelle, certes, mais aussi les médias. Avec l’arrivée de la télévision dix ans plus tôt, c’est un autre monde qui se trouve (re)présenté. ______________________________ Crédit photo de […]

Sommes-nous dans une crise religieuse? | Avancer en arrière #6