Archives de l’année : 2016


Titre: Vers la sortie du catholicisme culturel au Québec: mobilité, métamorphose et mobilisation. Analyse quantitative, qualitative et comparative des vecteurs de transformation du catholicisme culturel au Québec (2016-2020) Chercheurs responsables Jean-Philippe Perreault, Université Laval Martin Meunier Sarah Wilkins-Laflamme Présentation du projet Les importantes transformations des années 1960-70 du rapport des Québécois à la religion et au catholicisme sont bien connues et ont marqué aussi bien la conscience collective que la production scientifique. Cependant, trop peu d’efforts ont été consentis depuis pour saisir en profondeur et dans la durée la nature et les effets de ces mutations. Alors que les questions religieuses font la manchette et suscitent d’importants débats de société, les données manquent pour décrire et expliquer les déplacements, les métamorphoses et les recompositions du religieux chez les Québécois. Si l’on décrit la situation présente comme étant marqué par le pluralisme, il demeure encore difficile d’expliquer le maintien de l’appartenance catholique chez une forte majorité de Québécois, malgré de faibles taux de pratique dominicale et une baisse significative du nombre de mariages. Si la Révolution tranquille marque l’entrée dans un catholicisme culturel, qu’en est-il cinquante ans plus tard? Assistons-nous à la fin d’un certain régime de religiosité? Si tel est le cas, quelle forme un nouveau régime prendra-il ? Quelles en sont les caractéristiques, dynamiques et tensions émergentes ? Comment les réalités de ce régime influencent-elles le débat public ? Comment se comparent-elles avec l’évolution récente du religieux en d’autres sociétés? En raison de son poids culturel et historique, le développement d’une meilleure compréhension du rapport des Québécois au catholicisme apparaît crucial non seulement pour expliquer la singularité des débats de société sur la religion au Québec, mais également pour saisir les nouvelles mobilisations religieuses et les phénomènes considérés comme marginaux ou minoritaires. En effet, comment comprendre et expliquer ce qui est « à la marge » (nouveaux mouvements, intégrismes, nouvelles convictions, conversions religieuses, etc.) en étant si peu informé de ce qui est « au centre », c’est-à-dire l’appartenance ambivalente au catholicisme de la majorité et la montée de la non-appartenance religieuse chez les plus jeunes. Ainsi, le but de ce projet est de mieux identifier les logiques de transformation à l’oeuvre, en analysant aussi bien la métamorphose de la structure de religiosité des Québécois (de l’appartenance à la non-appartenance) que les mobilisations nouvelles de certains discours catholiques au sein des représentations politiques et culturelles. Pour ce faire, il est nécessaire de mener de front trois chantiers interreliés : 1) Cueillir des données et analyser des banques de données du Québec afin de savoir si la baisse des indicateurs de religiosité institutionnelle, notamment les pratiques des rituels de passage catholique, se poursuit dans la province, et en expliciter les modalités. 2) Mener une enquête qualitative portant sur le rapport général des Québécois à la religion en les interrogeant sur la signification de l’appartenance ou de la non-appartenance religieuse, sur leurs croyances ainsi que sur leurs pratiques par l’entremise d’entretiens approfondis sous forme de récits. 3) Colliger une série de données quantitatives canadiennes et internationales afin d’évaluer si les transformations religieuses qui sont en marche au Québec se distinguent, ou si, au contraire, elles caractérisent également d’autres à tradition chrétienne (catholique, protestante ou mixte). La production scientifique de ces trois chantiers et sa diffusion contribueront à la consolidation, le développement et l’animation d’un fort réseau de chercheurs d’ici et d’ailleurs sur le catholicisme contemporain et les rapports au religieux dans les sociétés occidentales. Méthodologie Le projet comporte trois volets de recherche exhaustifs et complémentaires arrimés à des méthodologies et des tâches qui s’accordent aux spécialités respectives de ses trois chercheurs. I- […]

Vers la sortie du catholicisme culturel au Québec: mobilité, métamorphose et mobilisation


[Version PDF de l’appel] APPEL À COMMUNICATIONS : Étudier la religion au Québec: regards d’ici et d’ailleurs Symposium de la Société québécoise pour l’étude de la religion (SQÉR) En collaboration avec le Centre de recherche interdisciplinaire sur la diversité et la démocratie (CRIDAQ) 30 novembre et 1er décembre 2017. PRÉSENTATION : Au Québec comme ailleurs, la religion est revenue au centre de l’actualité politique et au coeur des débats scientifiques. Qu’il s’agisse de la pluralisation ethnoreligieuse des sociétés, de la diversification postmoderne des expressions du croire, du renouvellement des demandes éthiques, de la republicisation des religions et des églises, de la poussée du populisme religieux ou plus largement de la mise en cause du paradigme moderniste de la sécularisation, les raisons ne manquent plus d’étudier la religion en société – s’il en fut jamais autrement. Parmi les sociétés disponibles au regard du chercheur, le Québec constitue depuis peu un cas d’étude privilégié dans l’étude de la religion. Divers facteurs peuvent contribuer à expliquer cette popularité pour l’étude de la religion sise au Québec. Le Québec est traversé par une pluralité d’enjeux communs aux sociétés modernes avancées et présente donc un nombre de traits sociétaux distinctifs, ce qui enrichie la comparaison et l’ouvre vers d’autres horizons. À plus d’un titre, pour de nombreux spécialistes, le Québec fait figure de laboratoire du religieux et des religions en modernité avancée. APPEL À COMMUNICATIONS : Afin de donner voix aux nombreux chercheurs d’ici et d’ailleurs qui étudient la religion au Québec, de faire mieux connaître leurs travaux, de stimuler les échanges, de favoriser les coopérations, et de soulever les défis et enjeux actuels et à venir, la Société québécoise pour l’étude de la religion organise, les 30 novembre et 1er décembre 2017 à Montréal, un symposium international et interdisciplinaire, en collaboration avec le Centre de recherche interdisciplinaire sur la diversité et la démocratie. Cinq axes permettront d’aborder les questions que soulève l’étude de la religion au Québec : 1) Question de réseaux: Où se fait l’étude de la religion au Québec? Quelles revues, quels groupes de recherche, quels centres, quelles disciplines, quelles nationalités s’y consacrent? Quelles sont leurs histoires, leurs ramifications, leurs projets? Quels sont les liens entre les réseaux québécois, canadiens et internationaux? 2) Question d’objet: Quels aspects de la religion au Québec sont étudiés? Quels sont les intérêts de connaissance, les questions de recherche? Quelles thématiques transversales sont abordées? Qu’est-ce qui est mis en comparaison? 3) Question de méthode: Comment la religion au Québec est-elle étudiée? Quelles méthodes sont employées? Quelles difficultés et avantages soulève, par exemple, la (mé)connaissance de la langue, du terrain ou du corpus québécois? 4) Question d’épistémologie: Par quels biais théoriques est étudiée la religion au Québec? Quelles traditions disciplinaires et nationales sont mobilisées? Quels regards, perspectives et interprétations sont proposés? Existe-t-il une tradition québécoise dans l’étude de la religion? Quels en sont les principaux auteurs, textes, débats? 5) Question coloniale et postcoloniale: Qui regarde qui? En quoi les regards d’ailleurs se comparent-ils aux regards québécois? Quelle diversité de regards existe-t-il à l’intérieur du champ québécois? Quels bilans communs et divergeants sont proposés? Quels défis ces regards situés soulèvent-ils? Nous invitons les chercheurs québécois, canadiens et internationaux intéressés par les enjeux de l’étude de la religion au Québec – défis, modalités et raisons – à nous soumettre une proposition de communication en français ou en anglais, comprenant un titre, un résumé de 200 à 300 mots ainsi qu’une brève notice biographique (incluant l’affiliation institutionnelle, le domaine de recherche, les principales publications et les coordonnées), le tout tenant sur une page. Les propositions de panels sont acceptées, mais les organisateurs se réservent le droit de […]

Symposium de la Société québécoise pour l’étude de la religion (SQÉR)




Le 24 octobre prochain, discussion avec Charles Mercier (Université de Bordeaux)  à l’occasion de la sortie de l’ouvrage Identités religieuses et cohésion sociale. La France et le Québec à l’école de la diversité (Le Bord de l’eau, 2016) en présence de certains des auteurs.

Conférence: À l’école de la diversité!



Quels sont les visages de la spiritualité contemporaine ? Comment donnons-nous aujourd’hui un sens à notre vie ? « On est passé d’une identité religieuse héritée, d’une tradition (…), à des parcours, à des itinéraires où on doit soi-même construire le sens de son existence. » Jean-Phillippe Perreault, chercheur à l’Université Laval, propose un regard d’ensemble sur cette spiritualité aux mille visages, par laquelle chacun cherche des repères qui baliseront ses choix et son parcours de vie, à l’intérieur d’une tradition religieuse pour certains, en empruntant à divers courants religieux et spirituels pour d’autres. (vidéo)

Regard sur la spiritualité contemporaine




Projet Jeunes et religions au Québec : état des lieux et développement pédagogique Objectifs Faire un état des lieux des recherches sous le thème « jeunes et religions au Québec » par une revue de littérature. Identifier les thèmes porteurs et les nouveaux enjeux. Faire un état des tendances de recherche en sociologie de la jeunesse. Formuler des propositions pédagogiques pour l’intégration de ces nouveaux contenus Organiser un colloque sur ce sujet. Publier les résultats. Chercheurs Jean-Philippe Perreault, Université Laval, responsable Oriane Elatri, Université Laval, assistante de recherche Échéancier Octobre 2015 à décembre 2016 Financement Chaire Jeunes et religions, Université Laval

Recherche Jeunes et religions au Québec: état des lieux


Les JMJ comme espace de composition de l’identité religieuse La Journée mondiale de la jeunesse (JMJ) de l’Église catholique est un lieu d’enquête et d’analyse particulièrement propice pour qui s’intéresse aux rapports des jeunes aux religions. Il s’agit non seulement d’un des plus grands rassemblements religieux mondial, mais sa configuration rend possible l’observation et la documentation d’un type de religiosité particulier, traversé par les rapports à l’institutionnel, à la mondialisation, à l’événementiel, à la médiatisation, à l’individualisation et la personnalisation des itinéraires de sens; et ce, dans des contextes où l’expression publique de la foi et la manifestation de l’appartenance religieuse sont soumises aux normes de sociétés et de cultures plus ou moins sécularisées. L’événement est concentrateur/révélateur de ce qui se trouve produit lorsque la jeunesse et l’autorité d’une institution religieuse se rencontrent dans la culture contemporaine mondialisée. Né de travaux et de collaborations amorcés dans le cadre du projet de recherche aquitano-québécois Jeunes et éducateurs dans la démocratie des identités (JEDI), le présent projet s’intéresse aux rapports des jeunes au religieux. Dans une approche à la fois interdisciplinaire et internationale, il veut décrire et comprendre les processus d’élaboration des identités religieuses en documentant et analysant l’un des espaces illustres de cette composition que sont les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de l’Église catholique. D’abord porté par une équipe franco-québécoise de quatre chercheurs, ce projet à l’intention de multiplier les collaborations en différents pays afin d’élargir la collecte de données et de mener des analyses comparatives. En plus de la production scientifique, ce projet aurait pour retombées la consolidation et le développement d’un réseau international de recherche autour du thème « jeunes, identités et religions ». Chercheurs responsables Charles Mercier, Université de Bordeaux (ESPE d’Aquitaine) Jean-Philippe Perreault, Université Laval Sara Teinturier, EPHE-GSRL, Paris / Université de Montréal Yann Raison du Cleuziou, Université de Bordeaux Les JMJ: question générale de la recherche Les quelques rares études sur les JMJ laissent croire que les jeunes y participent notamment pour briser l’isolement dans une culture sécularisée où leur engagement religieux les confine à la marginalité (Warren, 2006 ; Perreault, 2006). En ce sens, les JMJ seraient l’occasion pour l’Église catholique de contrer les effets de la sécularisation en présentant aux jeunes comme à l’ensemble de la population un religieux s’inscrivant avec pertinence et dynamisme dans la sphère publique (Halter, 2012). De plus, au nombre des attentes chez les jeunes, on note un désir d’approfondir leur foi et leur vie spirituelle, d’explorer et de partager sur la manière dont les catholiques du monde entier vivent leur foi et de vivre une expérience intense de rassemblement et de pèlerinage (Rymarz, 2007). L’intérêt pour les JMJ vient de l’effet de contraste : l’intensité de la rencontre tranche radicalement avec la vie religieuse vécue en paroisse ou dans de petits groupes (Rymarz, 2007) au point de produire chez les participants une « expérience de l’extraordinaire » (Perreault, 2006) qui n’est pas sans nous rappeler les propos de Durkheim : cette expérience ferait « jaillir la sensation du sacré sous sa forme première » et donner ainsi à l’individu « un sentiment plus vif de la double existence qu’il mène et de la double nature à laquelle il participe  » (Durkheim, 1998, p. 313-314). Ainsi, si l’on connaît les motivations, les effets et la religiosité propre à ces grands rassemblements, nous sommes par ailleurs bien peu informés sur l’inscription de cet événement 1) dans l’itinéraire spirituel des jeunes qui y participent, 2) dans la culture contemporaine trop rapidement et commodément décrite comme « sécularisée », 3) dans l’évolution historique du catholicisme. Dans une approche inductive, la question générale de recherche qui guide cette enquête peut donc se formuler ainsi : dans leurs […]

Projet de recherche sur les JMJ