Archives du jour : 25 avril 2019


JEUNESSE La jeunesse…Quelles jeunesses? Défis et enjeux de la définition De qui et de quoi parle-t-on lorsque nous évoquons la jeunesse? La jeunesse est une construction sociale, objet de manipulation. Les interventions auprès des jeunes et les discours sur la jeunesse – tant ceux qui la valorisent que ceux qui la critiquent – construisent et reconstruisent sans cesse ce groupe et ce temps de vie en attribuant aux jeunes des traits (souvent présentés en termes générationnels), une place et un rôle. D’abord définie dans les représentations collectives, ces représentations de la jeunesse sont contrôlées par les structures éducatives, communautaires, politiques… et religieuses. C’est dire que bien au-delà de la question de l’âge (biologique), la manière dont nous percevons la jeunesse détermine nos engagements à son égard. Comment penser ce groupe social et ce temps de vie au-delà des fantasmes et des projections du monde adulte? Qu’est-ce que cette période décrite comme de transition ou de passage? Qu’est-ce qu’être jeune, adulte ou vieux dans une société où l’horizon de la vie se transforme et dans une culture qui cherche à faire disparaitre la mort? En somme, de qui parle ce « eux » et ce « nous » distinctifs? Cet exposé a pour objectifs de : – Explorer différentes définitions des termes « jeune, jeunesse, générations »– De décrire les enjeux et les défis liés à la manière de penser la jeunesse, tant pour les chercheurs que pour les différents intervenants. Lundi 17 juin 2019 | 8h30-10h30 Jean-Philippe Perreault Jean-Philippe Perreault est professeur à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval et titulaire de la Chaire Jeunes et religions. Ses travaux s’inscrivent en sciences des religions, dans une approche sociologique. Ses principales activités de recherche et d’enseignement s’articulent autour de deux thèmes principaux. Le premier porte sur la jeunesse et les configurations contemporaines du religieux. Il s’intéresse aux espaces (re)composition actuels, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des traditions religieuses: évolution récente du catholicisme québécois, médias, religion numérique, religiosité des grands rassemblements, itinéraires de sens des jeunes. Le second porte sur la spiritualité, l’éthique et à la culture religieuse en éducation. Avec Jean-François Laniel, il est responsable de l’école d’été 2019.

[École d’été] Définir la jeunesse | Jean-Philippe Perreault


RELIGIEUX MONDIALISÉ Les religions et la mondialisation : une étude de cas à partir des Journées mondiale de la jeunesse de Jean-Paul II Organisées tous les deux ou trois par l’Église catholique depuis 1985, les Journées mondiales de la jeunesse sont des grands festivals mondialisés réunissant plusieurs centaines de milliers de jeunes dans des pays d’Europe, d’Amérique ou d’Asie. Leur étude permet d’observer les relations entre une religion, le catholicisme, et la mondialisation. Les JMJ sont des produits dérivés de la mondialisation. Mais elles en sont également l’une des actrices. Elles cherchent en effet à orienter la mondialisation selon des principes spirituels. Elles contribuent à « globaliser » les jeunes qui y participent. Objectifs: 1/ Analyser la manière dont les religions se saisissent des opportunités de la mondialisation pour renouveler leur offre à l’égard des jeunes 2/ Comprendre comment les religions mobilisent les jeunes pour orienter la mondialisation selon des principes spirituels (et non économiques) 3/ Comprendre comment la religion permet à certains jeunes de traverser les frontières non seulement spatiales mais aussi culturelles. Mercredi 20 juin 2019 | 8h30-10h30 | En visioconférence Charles Mercier Charles Mercier est maître de conférences en histoire contemporaine (22e section du CNU) à l’Université de Bordeaux (ESPE) et membre junior de l’Institut universitaire de France. Ses recherches actuelles tournent autour du catholicisme, des jeunes et religions, ainsi que des Journées mondiales de la jeunesse de Jean-Paul II.

[École d’été] Religions et mondialisation | Charles Mercier



MOBILITÉS RELIGIEUSES La conversion à l’islam chez les jeunes : entre réseaux de sociabilité et trajectoires d’identification Dans cet exposé, nous présenterons les premiers résultats d’un projet de recherche ethnographique qui s’intéresse à de jeunes adultes convertis à l’islam ou qui témoignent d’une forte attirance pour cette religion au Québec. La recherche vise à documenter les modes de sociabilité, les processus d’identification ainsi que les formes d’engagements politiques de cette population en tenant compte des représentations de l’islam qui orientent ces comportements. Sans se focaliser sur les jeunes radicalisés, nous décrirons les grandes tendances qui ressortent de nos données en reliant le phénomène au contexte québécois. Jeudi 20 juin 2019 | 8h30-10h30 | En visioconférence Géraldine Mossière Géraldine Mossière est anthropologue et professeure agrégée à l’Institut d’études religieuses de l’Université de Montréal. Elle est membre du groupe de recherche Diversité urbaine et actuellement professeure invitée à l’institut d’ethnologie méditerranéenne, européenne comparative (IDEMEC) à Aix-en-Provence (France). Ses travaux de recherche portent sur les comportements religieux dans les sociétés contemporaines selon une perspective ethnographique. Ses travaux touchent les questions liées aux comportements religieux contemporains et à la diversité religieuse dans les sociétés sécularisées. Elle s’intéresse en particulier aux diverses dimensions des conversions religieuses (transnationalisme, dynamiques interethniques et intergénérationnelles) ainsi qu’aux subjectivités (non)-croyantes contemporaines (spiritualité, guérison, néolibéralisme).

[École d’été] La conversion à l’islam chez les jeunes | Géraldine Mossière


RADICALISATION Le processus de radicalisation menant à la violence (RMV) et les médias Solange Lefebvre, directrice du projet, et Mathieu Colin, doctorant et auxiliaire de recherche au sein de celui-ci, résumeront les résultats d’un projet interdisciplinaire ayant visé à mieux comprendre le rôle joué par plusieurs types de médias sur les perceptions des Québécois et sur la dynamique de la radicalisation menant à la violence (RMV). Il s’agit d’une Action concertée financée par le ministère de l’Immigration, de la diversité et de l’inclusion, de même que Fonds de Recherche du Québec – Société et Culture (FRQSC). Le projet visait notamment à répondre aux questions suivantes: quelles sont les perceptions de la population québécoise quant aux diverses formes de RMV? Quels impacts ont différents contenus, styles et plates-formes médiatiques ? Quel est le rôle des MMS dans la dynamique de la RMV et dans la formation de noyaux de radicalisation? Il s’agissait de se pencher sur plusieurs types d’extrémisme, tant d’extrême droite, d’extrême gauche que djihadistes violents. Afin d’atteindre les objectifs, l’équipe de recherche a effectué deux sondages, deux expériences en laboratoire sur les perceptions médiatiques, des analyses de banques de données, des entrevues et observations qualitatives. Les besoins qui sont à la base de cet appel de propositions concernent avant tout la prévention et la compréhension fine de la RMV et, de manière associée, la dé-radicalisation ou contre-radicalisation (Gouv. Québec 2015). Les méthodologies choisies ont permis de recueillir les données susceptibles de répondre à ces besoins. L’exposé mettra l’accent sur les jeunes radicalisés, leurs profils, les enjeux convictionnels, les processus et le rapport aux médias. Vendredi 21 juin | 8h30-10h30 Solange Lefebvre Solange Lefebvre est professeure titulaire à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal. Elle est actuellement titulaire de la Chaire en gestion de la diversité culturelle et religieuse et fut fondatrice du Centre d’études des religions (CERUM) de l’Université de Montréal, qu’elle a dirigé jusqu’en décembre 2008. Ses champs d’expertise variés portent entre autres sur la culture et la religion dans la sphère publique, la laïcité et la sécularisation, les rapports de générations ainsi que sur les jeunes et la radicalisation. Solange Lefebvre, Cultures et spiritualités des jeunes, Montréal, Fides, 2008 Mathieu Collin Mathieu Collin est candidat au Ph.D. en sciences des religions à l’Institut d’études religieuses, depuis septembre 2018, et détenteur d’une maîtrise dans le même champ de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris. Il mène des recherches sur les courants ésotériques et la croissance du nombre des personnes se disant sans religion. Il s’intéresse en particulier à certains groupes anti-théistes et/ou athées, qui s’impliquent dans le champ juridique et politique aux États-Unis. Ces groupes cherchent notamment à laïciser l’espace public.

[École d’été] Radicalisation et médias | Solange Lefebvre et Mathieu Collin




TEMPS DE LA JEUNESSE La jeunesse hypermoderne : Être responsable du temps. Instantanéité, accélération, urgence : autant de mots employés dans le sens commun qui mérite pourtant qu’on s’y arrête un peu… Car est-il possible de réduire le rapport au temps des jeunes d’aujourd’hui à la maximisation du temps? Ou à l’hyperconnexion, qui révélerait aussi une forme de densification du temps à travers des pratiques numériques? Au cours de notre intervention, nous interrogerons la relation entre formalisation de l’identité, rapport au temps et usages des technologies de l’information et de la communication chez les jeunes. Nous verrons alors que ce n’est guère le règne de la vitesse qui l’emporte dans le domaine de la temporalité, mais bien la responsabilisation croissante d’une génération de jeunes devenus les gestionnaires du rythme de leur vie. Mardi 18 juin 2019 | 8h30-10h30 Jocelyn Lachance Jocelyn Lachance est socio-anthropologue de l’adolescence et est actuellement maître de conférences en sociologie à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour. Il membre du laboratoire « Passages » (CNRS-UMR 5319) et directeur de la revue de socio-anthropologie de l’adolescence (RSAA). Il est notamment l’auteur de l’Adolescence hypermoderne (PUL, 2011) et La famille connectée (Eres, 2019). Ses recherches socio-anthropologiques portent sur l’adolescence contemporaine, et plus singulièrement sur le rapport au temps, aux risques, aux voyages et aux technologies récentes de la communication et de l’image des jeunes générations Découvrez les ouvrages de Jocelyn Lachance publiés aux PUL

[École d’été] La jeunesse hypermoderne | Jocelyn Lachance