« Avez-vous une opinion sur la grève étudiante? » Oui…


Elle est arrivée cette semaine, cette question que j’attendais : « avez-vous une opinion sur la grève étudiante? » « Oui. Certainement. J’en ai même plusieurs. Déprimant la neige après une semaine de chaleur, non? » Fin de la conversation.

Pourquoi? Parce que lorsque je suis en classe, je suis l’enseignant de tous les étudiants, quelle que soit leur position au sujet de la grève et de la hausse des frais de scolarité. Parce que cette question, qui concerne le bien commun, doit être objet de débat. Et si je me dois d’y participer comme citoyen, une prise de position alors que je suis dans le rôle de l’enseignant court-circuiterait la mise en place des conditions de réflexion et d’apprentissage dont j’ai la responsabilité.

S’il portait sur les gaz de schiste, la situation serait différente parce que débat serait éloigné du sujet dont nous traitons en classe et qu’il ne concerne pas de manière particulière la vie des étudiants inscrits à mes cours. Or, il en va tout autrement de ce qui nous occupe.

Cette posture n’est ni « permanente » ni neutre. Elle est contextuelle, liée à ma responsabilité professionnelle comme enseignant d’assurer une relation pédagogique permettant les apprentissages et de favoriser la réflexion sur le bien commun et le vivre-ensemble. Ainsi, il m’est arrivé de rappeler les règles de la « démocratie étudiante », d’insister sur la nécessaire implication des étudiants dans les décisions, de rappeler l’importance du droit de grève et d’analyser ce que la présente situation donne à voir des mouvements sociaux, des rapports de pouvoir et de la jeunesse actuelle. Ce que je n’aurais pas pu faire si, au préalable, j’avais pris position…

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