Nouvelle subvention pour étudier les jeunes sans religion


D’une durée de trois ans, le projet de recherche subventionné par le FRQ-SC vise à décrire la configuration et la dynamique de l’imaginaire de jeunes Québécois sans religion, à dégager des axes de la recomposition religieuse en cours et à  élaborer un modèle théorique explicatif.

Il paraît incontestable que la montée des sans religion est l’une des transformations les plus notables du paysage socioreligieux de nombreux pays occidentaux au cours dernières décennies. Au Québec, ils seraient 18 % en 2014 (CROP 2014) alors qu’ils étaient 5,8 % en 2001 (Statistique Canada 2005). Les prévisions les placent entre 28,2 % et 34,6 % en 2036 (Statistique Canada 2017).

Si de nombreuses causes expliquent cette croissance de la non-appartenance religieuse, les enquêtes demeurent souvent sur le seuil : la non-appartenance informe de ce que ne sont pas ceux qui s’en réclament et bien peu de ce qu’ils sont. Si l’on arrive tracer certains traits généraux, qu’en est-il de l’univers de représentations qui est le leur? À quelles valeurs et croyances adhèrent-ils et lesquelles refusent-ils? Quelles visions de l’humain, de la vie, de la mort portent-ils? Quels sont leurs rapports au temps et à l’espace? Quelles sont leurs « pratiques de sens »? Il y a sans contredit un intérêt à connaître et comprendre ces jeunes dans leur rapport au religieux et dans leur religiosité propre, quelles qu’en soient les formes. Avec cette génération, un nouveau rapport au religieux s’installe et une autre manière de concevoir et d’aborder la place de la religion dans la sphère publique, notamment. Sur les plans scientifique et social, il nous faut en mesurer les effets.

Par son inscription dans un cadre plus large, cette description de l’univers des sans religion pourra également contribuer à l’analyse de l’économie générale du religieux et de ses productions en ultramodernité. Ce sont les théories explicatives du religieux qui se trouvent mises à l’épreuve : comment comprendre à la fois la montée des sans religion et la résurgence du religieux, la prolifération des religiosités ou le religieux en émergence ? À partir des référents actuels, est-il possible de poser les bases d’un modèle théorique global capable de rendre compte de ces différents phénomènes?

Dans ce projet, les questions de recherche sont de trois ordres : 1) quel est le système de sens de ces jeunes sans religion : quelles valeurs, croyances, visions de la vie et de la mort? Quelle dynamique et quelle configuration de leur imaginaire? 2) En quoi ces systèmes de sens nous informent-ils de l’économie religieuse contemporaine : quelles injonctions normatives s’imposent aux jeunes? qui sont les « pourvoyeurs de sens »? Quelles pratiques? Quel mode de régulation global? y a-t-il des similitudes avec l’imaginaire religieux de jeunes affiliés à une tradition religieuse? 3) Quel modèle explicatif théorique est en mesure de rendre compte de la complexité de la recomposition religieuse actuelle;  recomposition qui inclue tant les adhérents à une tradition religieuse que les sans religion?

Le projet Le religieux chez les « sans religion ». Composition et configuration de l’imaginaire religieux de jeunes Québécois sans appartenance religieuse a reçu l’appui financier du Fonds de recherche québécois – Société et culture dans le cadre du programme de Soutien à la recherche pour la relève professorale. Jean-Philippe Perreault en est le chercheur principal.

 

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