Éducation


Les réactions à la tuerie de la mosquée de Québec nous le démontre une fois de plus : lorsque la terreur frappe, les décideurs publics et les observateurs placent l’éducation au centre des dispositifs permettant de contrer la radicalisation, l’intégrisme, l’intolérance et de favoriser le vivre-ensemble. Nous pourrions ainsi croire que l’actualité des dernières années offre à la formation aux phénomènes religieux une pertinence sociale et une utilité qui la protège des remises en question de fond. Or, cette assurance n’y est pas. Table ronde avec Jean-Paul Willaime, Brigitte Caulier et Jean-Philippe Perreault. 

Table ronde: L’éducation au religieux à l’ère de la polarisation et de la radicalisation


Le 24 octobre prochain, discussion avec Charles Mercier (Université de Bordeaux)  à l’occasion de la sortie de l’ouvrage Identités religieuses et cohésion sociale. La France et le Québec à l’école de la diversité (Le Bord de l’eau, 2016) en présence de certains des auteurs.

Conférence: À l’école de la diversité!



« Ça ne sert à rien d’être chrétien si ça ne change pas ma façon de vivre en société,  de voter, de consommer, de me rapporter aux autres, peu importe leurs tendances, leurs croyances. J’espère que le Centre étudiant peut être ce lieu qui forge des chrétiens » nous dit Sabrina Di Matteo, directrice du Centre étudiant Benoit-Lacroix de l’Université de Montréal. | Par Jean-Philippe Perreault Nous nous retrouvons dans le brouhaha d’une librairie-bistro bien connue du chemin de la Côte-des-Neiges, à l’entrée du campus de l’Université de Montréal. Aux tables voisines, des jeunes et des plus vieux, probablement étudiants, professeurs ou résidents du quartier, discutant politique et société, partageant quelques aveux et confessions, peut-on imaginer. Pour y rencontrer la nouvelle directrice du Centre étudiant Benoit-Lacroix (CÉBL), l’endroit va de soi quand on y pense: il y a là quelque chose du presbytère, voire du confessionnal, pour une communauté catholique vivant au cœur de la cité universitaire. Elle prend soin de nous prévenir : en poste que depuis quelques semaines, elle est encore en période d’observation, de familiarisation, d’appropriation. La suite de la discussion prouvera que cela ne l’empêche en rien d’avoir une vision claire des enjeux et défis. Faut dire qu’elle connait pour le fréquenter elle-même ce carrefour des mondes ecclésial, universitaire et jeunesse où prend place le CÉBL. Faut dire également qu’elle peut compter sur une équipe: outre les jeunes et les bénévoles, le Centre compte sur l’engagement d’une animatrice et d’une chargée de projet. Comme ses semblables des autres universités québécoises, l’animation spirituelle et religieuse offerte à l’Université de Montréal est un véritable laboratoire. Son histoire, son organisation, ses solidarités, ses défis et ses activités témoignent à la fois de la configuration de l’imaginaire religieux des jeunes qui les fréquentent et de la place du religieux dans une société sécularisée, pluraliste, aux institutions laïques. Typique également dans le rapport au temps qui marque les activités alors que les étudiants – tout comme la jeunesse – sont inévitablement de passage. Pour la très grande majorité, la vie universitaire est un pèlerinage de quelques années, un transitoire aux conséquences paradoxalement durables et permanentes alors qu’ils poursuivent non seulement leur formation académique, mais la formation de leur vie, comme le constate Sabrina Di Matteo. En téléchargement Disponible sur ITunes [slideshow] Pour en savoir plus : Page Facebook

CEBL: communauté catholique dans la cité universitaire | Balado


Quatrième citation d’une série qui nous rappelle que «les objets qui apparaissent dans le rétroviseur sont plus proches qu’ils ne paraissent». Comme à l’habitude, saurez-vous deviner de quoi il est question? Que décrit-on? Où et à quelle époque? | Par Jean-Philippe Perreault                                                             Citation:  « Ici, la fièvre dévaste par dizaines et le choléra par centaines. Ici, les gens se poignardent les uns les autres, et y pensent peu. Ici, des ruelles étroites, de hauts murs obscurs de maisons en pierre avec des fenêtres cassées, collées par du papier dans les étages inférieurs et bourrées de chiffons dans les étages supérieurs; degrés de misère que j’ai observés dans le Cowgate et dans l’ouest du Port d’Édimbourg. Ici, les femmes, pieds nus, calment leurs enfants aux esprits ardents, et les hommes brutaux qui tueraient leurs épouses et leurs enfants s’ils osaient. Ici des tas de poussière dans lesquels les porcs avec leurs longs groins […] se querellent pour de maigres os. Ici des fossés et des flaques d’eau, des tas de coquilles d’huîtres et de la vaisselle cassée, des tiges de choux et des fragments de chapeaux et chaussures. Ici, des avis déchirés sur les murs offrant des récompenses pour l’arrestation des voleurs et des assassins; pénible évocation d’actes sombres. Nous avons vu des femmes avec les cheveux emmêlés, debout dans les rues, et des hommes avec des visages pâles et les yeux injectés de sang, titubant ou assis la tête entre les mains, regardant par des fenêtres colmatées par des chiffons. Il y avait des enfants aussi, n’ayant d’enfant que le nom; enfance aride et sans innocence, apprenant, en zézayant, à prononcer le nom de Dieu en vain, préparation à une maturité de souffrance et de honte.» [Traduction maison approximative… désolé] Que décrit-on? Où et quand?        Réponse La jeunesse est une construction sociale. Son émergence est associée à la mise en place de systèmes d’éducation extrafamiliaux. Elle naîtra d’abord dans l’aristocratie et la noblesse pour ensuite gagner la bourgeoisie. Dans les classes ouvrières et paysannes, la jeunesse n’existe tout simplement pas. On passe de la petite enfance à l’âge adulte très tôt, dès que l’on est physiquement en mesure de travailler. Lors de l’instauration de la scolarisation obligatoire au Québec en 1943, on rapporte qu’à la Dominion Textile de Saint-Henri, des jeunes filles de 10 ans y travaillent. Ah oui ! Et la réponse à notre question : il s’agit des observations de globe-trotter Isabella Lucy Bird rapportées dans son livre « The Englishwoman in America ». Et elle y décrit la vie – de son point de vue – dans le quartier Saint-Roch à Québec, en 1854. D’ailleurs, pour mieux comprendre et apprécier ce quartier, on peut écouter l’épisode fort intéressant de Sans domicile fixe (SRC) qui a inspiré ce billet. Ce regard dans le rétroviseur met en évidence les importantes transformations du dernier siècle dans le rapport à l’enfance et aux enfants. Et si, comme bien d’autres quartiers, Saint-Roch a bien changé depuis, des inégalités demeurent : lorsqu’on compare avec certains secteurs de la haute-ville de Québec (Ste-Foy-Sillery-Cap Rouge), plus du double des résidents sont sans diplôme d’études secondaires – le triple dans le quartier voisin de St-Sauveur – et l’espérance de vie en santé est de 10 ans plus courte (Source). En ce sens, non, nous ne naissons pas tous égaux. __________________________________ Informations et crédits photo St-Roch en 1860 : Fiche du Musée McCord Crédits photo St-Roch aujourd’hui : Flirk

[Avancer en arrière #4] Le temps de l’enfance