Pratiques à risque


Dans le cadre du cours Foi, religion, spiritualité et monde des jeunes, les étudiants étaient invités à explorer une sous-culture associée aux jeunes ou un aspect de la culture jeune. Voici l’une de ces explorations. La médiatisation des pratiques à risques sur le « net »:  le phénomène de Car Surfing Par Jean-Philippe L.Mineau, étudiant, FTSR, Université Laval Une vidéo[1] accessible sur le site internet Youtube montre un jeune homme d’une vingtaine d’années qui s’installe à genou sur le toit d’une berline américaine. Habillé d’un t-shirt et d’une paire de jeans les traits de son visage traduisent l’émotion qui l’anime. L’excitation est palpable. Les commentaires de celui qui filme abondent en ce sens. Installé dans une voiture qui suivra de près toute la scène, incrédule, fasciné, le cameraman, sans doute un ami de l’acteur principal de ce court métrage sensationnel, va immortaliser l’exploit. Devant eux: une route de campagne asphaltée, longue et droite, à perte de vue. Une piste sur laquelle prend vie un scénario dont l’enjeu laisse présager le pire. La voiture de tête sur laquelle s’installe l’individu accroupi se met en mouvement. L’autre la suit de près. Rien, de l’expérience vécue, ne sera perdu. On entend le bruit du vent qui s’impose en arrière-plan sonore d’une image qui défile et ne trompe pas. La caméra nous montre l’odomètre – 60 miles à l’heure – et impose sa réalité. On se demande comment va finir la scène. Soudain, la voiture de tête freine et embarque à cheval entre la route et le bas-côté. Les passagers du véhicule qui suit la scène sont surpris. Le jeune homme accroupi sur le toit se déplace à la hauteur de la portière arrière et entre, par la fenêtre ouverte, dans la voiture toujours en mouvement. Un camion tirant une remorque croise le convoi téméraire obligeant celui-ci à lui céder une part de sa piste de jeu. L’impasse franchie, la voiture de tête reprend sa place sur la route. L’individu émerge de là où il a disparu et reprend la sienne sur le toit du véhicule. Accélération, le scénario reprend. Cette fois, la vitesse atteinte approche les 80 miles à l’heure. Mais l’acteur principal du scénario capté sur le vif repousse les limites. Alors qu’il se tient fermement sur le toit de la voiture filant à toute vitesse à travers un paysage de champs et de boisés, il relâche sa prise, se redresse et, bravant l’impensable, écarte les bras comme dans un geste de victoire envers l’impossible. Il ne garde sa position que quelques secondes. Il reprend aussitôt celle qui initialement nous paraissait si dangereuse, mais qui, une fois traversé le moment passé, donne presque l’impression d’être parfaitement sécuritaire. L’effet est surprenant. On oublie presque que les voitures roulent toujours à près de 80 miles à l’heure. L’action se termine. L’individu victorieux réintègre la voiture par là où il était déjà passé. C’est l’euphorie. J’ai les mains crispées sur ma chaise d’ordinateur. La vidéo a été vu 100mille fois. La scène était imprévisible, elle s’est bien terminée, c’est un succès. Si j’ai choisi de présenter le car surfing de cette manière, c’est parce que les témoins – et les témoignages – semblent jouer un rôle important dans l’expérience vécue du car surfing. En tant que tels, nous faisons partie intégrante de ce phénomène des pratiques à risques qui se déroulent non seulement en public, mais qui sont destinées à être projeté sur les médias sociaux. En effet, le car surfing est souvent réalisé entre amis et de manières informelles prenant la forme d’un jeu ou d’un défi permettant à un ou à quelques individus […]

La médiatisation des pratiques à risques sur le « net »: le phénomène de Car Surfing